C’était un matin de fin avril que le signal est apparu. En approchant des ruches, un spectacle nous a allerté : une grappe dense d’abeilles accrochée juste devant la planche d’envol était en préparation — la fameuse « barbe », ce signe qui ne trompe pas. La colonie se préparait à essaimer.
Cette scène bourdonnante nous rappelait que l’instinct des abeilles est plus fort que tout : quand la colonie se sent à l’étroit, que les ressources abondent et que la reine commence à être âgée, l’essaimage devient inévitable. Une nouvelle reine est en cours d’élevage, l’ancienne se prépare à quitter la ruche avec une partie des ouvrières.
Une naissance… et un départ.
Il a fallu réagir très vite. En urgence, nous avons préparé une nouvelle ruche, espérant calmer la fièvre d’essaimage en procédant à une division. Une sorte de « faux départ » où l’on simule l’essaimage pour encourager la colonie à rester. C’est toujours un pari, mais c’est aussi une belle manière d’accompagner les abeilles dans leur dynamique naturelle, tout en préservant l’équilibre de l’ensemble.
Un fragile équilibre entre naturel et intervention.
Concrètement, nous avons prélevé quelques cadres bien garnis — du couvain, du miel, des abeilles — et les avons installés dans une ruche à part. L’objectif : offrir un nouvel espace à la colonie pour se développer, tout en empêchant un essaimage sauvage (et difficile à récupérer). Dans le meilleur des cas, une reine vierge naîtra dans la ruche mère, et celle que nous avons déplacée pourra élever la sienne.
Ces gestes simples, mais toujours un peu solennels, nous rappellent que l’apiculture demande autant d’intuition que de technique. C’est un dialogue constant avec les abeilles, où l’on apprend chaque saison à lire leurs signes, à entendre leurs besoins.
Voici quelques images et videos




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